Ressources

L’après déclaration OPERAT : comment passer à l’action pour atteindre les objectifs du Décret Tertiaire

Le Décret Tertiaire impose aux propriétaires de bâtiments tertiaires une déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT. Cependant, déclarer ses consommations est seulement le point de départ d’une stratégie énergétique structurée, dont le premier palier à atteindre est à l’horizon 2030. Il vous faut donc penser à l’après déclaration OPERAT. Voyons ensemble les étapes concrètes pour passer de l’obligation déclarative à la mise en conformité effective.

Ce qu’il faut retenir sur l’après déclaration OPERAT :

La déclaration OPERAT constitue le point de départ d’une stratégie énergétique structurée, dont le premier palier contraignant est une réduction de 40 % des consommations d’ici 2030.

Connaître son patrimoine bâti en profondeur est un préalable indispensable. Les méthodes d’audit par échantillonnage montrent leurs limites sur les parcs hétérogènes des collectivités (erreurs pouvant dépasser 50 % avec la méthode « à dire d’expert »).

Raisonner à l’échelle du parc plutôt que bâtiment par bâtiment permet d’optimiser chaque euro investi et d’identifier les trajectoires de réduction les plus coût-efficaces.

La construction de scénarios pluriannuels, intégrant PPA et PPI, est la seule approche permettant d’aligner les parties prenantes (élus, finances, directions techniques) et d’éviter une conformité purement déclarative.

Des outils numériques (jumeau numérique, audit permanent) comme Lowit ouvrent la voie à une gestion dynamique et continue de la performance énergétique, évitant la répétition coûteuse des audits traditionnels.

Après déclaration OPERAT : le reporting comme point de départ, et non comme ligne d’arrivée

Le Décret Tertiaire, aussi appelé Dispositif Éco Énergie Tertiaire, impose aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² des objectifs de réduction progressive des consommations énergétiques. Les trois paliers à atteindre sont –40 % en 2030, –50 % en 2040 et –60 % en 2050 par rapport à l’année de référence. Le Décret Tertiaire rend également possible l’atteinte de valeurs absolues de consommation fixées par arrêté selon l’activité.

La déclaration OPERAT (Observatoire de la Performance Énergétique, de la Rénovation et des Actions du Tertiaire) n’est que la première étape réglementaire liée au Décret Tertiaire, et non la finalité. Si la collectivité s’arrête à la déclaration, elle néglige la réalisation d’un plan d’action et s’expose notamment à une perte d’opportunités de financement. Vous devez donc penser l’après déclaration OPERAT pour vous mettre dans les meilleures conditions afin d’atteindre les objectifs de réduction fixés par le Décret Tertiaire.

À retenir :

La déclaration OPERAT établit une situation initiale. Sans plan d’action structuré dans la foulée, elle n’a aucune valeur opérationnelle. Il faut, dès le reporting OPERAT réalisé, penser à l’objectif 2030.

Étape 1 de l’après déclaration OPERAT : vérifier et sécuriser la qualité de l’année de référence

Avant de bâtir quoi que ce soit, assurez-vous que les fondations sont solides. Une mauvaise sélection de l’année de référence sur OPERAT peut surestimer ou sous-estimer considérablement la marche à franchir. Contrairement à l’idée reçue, l’année 2010 n’est la plus favorable que dans environ un cas sur quatre. Des critères comme la disponibilité des données de consommation, des évolutions d’usage et des travaux déjà réalisés sur la période sont déterminants dans ce choix. Vérifier la cohérence des données déclarées (factures complètes, surfaces exactes, activités correctement catégorisées) est une condition indispensable avant d’engager toute démarche de planification.

À retenir :

Une année de référence mal choisie ou mal documentée sous-estime ou surestime l’effort réel à produire. Avant de construire tout scénario, veillez à la qualité de vos données de base.

Étape 2 de l’après déclaration OPERAT : auditer son patrimoine pour identifier les bâtiments prioritaires

L’audit énergétique permet de faire l’état des lieux énergétique, d’identifier des postes de consommation et de préconiser des actions chiffrées. Sa durée de validité réglementaire est de 4 ans maximum (article 6 du décret du 24 novembre 2014) ou moins si des travaux ont été réalisés. Dans ce cas de figure, la signature énergétique change, donc l’audit doit être reconduit.

Dans un contexte de volatilité des prix de l’énergie et de hausse des coûts de travaux, nous vous recommandons d’être vigilant quant à l’obsolescence rapide des estimations de temps de retour brut.

Etape 3 de l’après déclaration OPERAT : choisir la bonne méthode d’échantillonnage

Connaître son patrimoine bâti en profondeur est indispensable pour identifier les bâtiments prioritaires et construire un plan d’action fiable. Deux approches coexistent et il est pertinent de connaître leurs limites avant de bâtir un plan d’action.

La méthode réglementaire, dite « racines carrées » (annexe 1 du décret du 24 novembre 2014), impose d’auditer au minimum la racine carrée du nombre de bâtiments par sous-ensemble d’usage similaire. Sur un patrimoine communal hétérogène (bureaux, groupes scolaires, équipements sportifs, équipements culturels…), cette approche conduit à auditer entre 45 % et 72 % des bâtiments, soit un coût très proche d’un audit exhaustif.

La méthode « à dire d’expert« , plus économique en apparence, entraîne des risques à plus long terme. Les bureaux d’études réduisent fréquemment le nombre d’audits réalisés, en s’appuyant sur leur expertise pour sélectionner un échantillon plus restreint. Les ratios observés par Lowit sur 28 dossiers de collectivités sont éloquents : entre 3 et 6 bâtiments audités pour un parc d’une trentaine de bâtiments, entre 8 et 15 pour un parc d’une centaine. Cependant, les erreurs d’extrapolation peuvent atteindre des pourcentages élevés, ce qui remet en cause la pertinence des recommandations.

Un plan pluriannuel construit sur des données insuffisantes sera contesté par les services techniques chargés de le mettre en œuvre, fragilisant l’adhésion de toutes les parties prenantes. Avant de lancer un appel d’offres, la stratégie d’audit doit donc être tranchée en tenant compte de la réalité du parc.

Etape 4 de l’après déclaration OPERAT : raisonner à l’échelle du patrimoine, pas bâtiment par bâtiment

Une fois les audits réalisés, il est tentant de traiter chaque bâtiment séparément, mais c’est une approche sous-optimale. Pour maximiser l’impact de chaque euro investi, il faut raisonner à l’échelle du parc dans son ensemble.

Grâce à l’analyse des coûts marginaux d’abattement, on observe que pour atteindre le palier 2030, plus de la moitié des actions identifiées sur les patrimoines de collectivités présentent un coût compris entre quelques dizaines de centimes et 5 €/kWh évité. En revanche, pour les objectifs 2050, environ 30 % des actions nécessaires dépassent 10 €/kWh évité. Les derniers pourcentages de réduction ont un coût une à deux fois supérieur aux premiers.

Cette réalité impose de construire plusieurs scénarios comparables :

  • Un scénario mobilisant les actions sans investissement lourd.
  • Un scénario concentré sur les bâtiments les plus énergivores.
  • Un scénario cherchant la meilleure trajectoire coût-efficacité sur l’ensemble du parc.

Etape 5 de l’après déclaration OPERAT : formaliser le PPA et le PPI

Les scénarios restent des hypothèses tant qu’ils ne sont pas traduits en décisions formalisées. Le Plan Pluriannuel d’Actions (PPA) et le Programme Pluriannuel d’Investissement (PPI) sont les deux outils qui donnent une réalité opérationnelle à la stratégie.

Un PPA solide précise, pour chaque action, le bâtiment concerné, la nature des travaux, le gain attendu en kWh et en euros, le coût prévisionnel ou encore les financements mobilisés. Il intègre les contraintes patrimoniales spécifiques (bâtiments en location, sites multi-occupants, édifices classés) et s’articule avec le Schéma Directeur Immobilier et Énergétique (SDIE) lorsqu’il existe.

Le PPI traduit les actions sur un plan budgétaire et sur les années à venir. Il intègre les aides disponibles aux cycles budgétaires de la collectivité, en les articulant avec les ressources déjà disponibles.

Le PPA et le PPI sont complémentaires et doivent être construits de manière cohérente.

Etape 6 de l’après déclaration OPERAT : mettre en œuvre et consolider le reporting annuel

La mise en œuvre commence dès la phase de consultation des entreprises. Les cahiers des charges des marchés de travaux doivent intégrer une valeur cible de consommation résiduelle post-travaux. À la réception, prévoyez un commissionnement (une vérification énergétique) en complément de la réception technique classique. Un système neuf mal réglé peut annuler une grande partie des économies attendues.

Pour le suivi des consommations, le reporting annuel OPERAT ne se prépare pas en décembre. Un suivi mensuel, appuyé sur des sous-compteurs par usage et une plateforme de pilotage (GTB/GTC ou logiciel dédié), permet de détecter les dérives en temps réel et de produire la déclaration annuelle sans surcharge de travail.

Pour aller plus loin, un jumeau numérique énergétique du bâtiment, comme celui proposé par Lowit, permet la visualisation d’un modèle mis à jour au fil des travaux et qui recalcule en continu les caractéristiques énergétiques du bâtiment, sans nécessiter de renouveler périodiquement les audits physiques. Cette approche permet de tester des centaines de scénarios de travaux et génère des économies significatives sur les enveloppes d’investissement.

Comment éviter une approche purement déclarative du Décret Tertiaire

Déclarer ses consommations sur OPERAT chaque année sans plan d’action structuré entraîne l’exposition à une mise en demeure du préfet. En cas de persistance, le risque devient même l’intégration dans la publication publique de la liste des assujettis non conformes.

La contrainte principale reste cependant d’ordre financier. Les collectivités qui n’engagent pas leur transition dès à présent devront le faire dans des conditions plus contraintes, avec des budgets travaux plus élevés et des délais réduits.

Lowit vous accompagne dans votre mise en conformité Décret Tertiaire pour l’après déclaration OPERAT

Chaque étape décrite précédemment demande du temps, des compétences et des outils adaptés, et c’est précisément ce que Lowit apporte aux collectivités territoriales.

Nous accompagnons les DST, DGS et directeurs énergie/patrimoine à chaque étape de leur mise en conformité, de la première déclaration OPERAT jusqu’au pilotage pluriannuel des investissements. Notre observatoire des données patrimoniales de collectivités permet de comparer votre situation à celle de parcs similaires et d’identifier rapidement les leviers d’action les plus pertinents pour votre territoire.

Vous souhaitez être accompagné dans votre déclaration OPERAT et dans votre mise en conformité au Décret Tertiaire ? Contactez un expert Lowit qui se fera un plaisir de vous aider dans vos démarches !

Foire aux questions – Après déclaration OPERAT

Le Décret Tertiaire prévoit une procédure de mise en demeure par le préfet de département à l’encontre des assujettis qui ne respectent pas leurs obligations de déclaration ou d’atteinte des objectifs. En cas de persistance du manquement, les noms des contrevenants peuvent être publiés sur un site officiel.

L’année de référence est celle qui servira de base pour mesurer la réduction des consommations. L’année 2010 n’est la plus favorable que dans environ un cas sur quatre. Le choix dépend principalement de la disponibilité des données de consommation, des évolutions de l’usage du bâtiment (intensité d’occupation, surface), et des travaux ou changements d’équipements déjà réalisés sur la période. Une mauvaise année de référence peut surestimer ou sous-estimer l’effort réel à fournir. Il est conseillé de simuler plusieurs années avant de figer le choix.

Pas nécessairement, mais les méthodes d’échantillonnage montrent leurs limites sur les patrimoines hétérogènes des collectivités (bureaux, écoles, gymnases, piscines). La méthode réglementaire (« racines carrées », annexe 1 du décret du 24 novembre 2014) conduit en pratique à auditer entre 45 % et 72 % des bâtiments d’une collectivité. La méthode « à dire d’expert », plus économique, peut générer des erreurs d’extrapolation dépassant 50 % sur certains parcs. Une approche numérique (jumeau numérique, audit permanent) permet de réduire le nombre d’audits physiques tout en maintenant la fiabilité des données.

Le PPA recense l’ensemble des actions à mener pour atteindre les objectifs de réduction (travaux, changements d’usage, actions de sobriété), avec leurs gains attendus et leur calendrier. Le PPI en est la traduction budgétaire : il traduit les actions en enveloppes financières pluriannuelles, articule les ressources propres de la collectivité avec les aides externes (CEE, subventions ADEME, dotations de l’État) et s’intègre dans les cycles budgétaires de la collectivité. Les deux documents sont complémentaires et doivent être construits en cohérence.

Plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés : les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) pour les travaux d’efficacité énergétique, les dotations de l’État (DETR, DSIL), les fonds européens FEDER selon les régions, les aides de l’ADEME (accompagnement, appels à projets).

La plateforme OPERAT doit être alimentée chaque année avec les données de consommation de l’année N-1. Au-delà de cette obligation annuelle, il est recommandé de mettre à jour les données à chaque événement significatif : réception de travaux, changement d’usage du bâtiment, modification de surface ou de sous-comptage. Un suivi mensuel des consommations en interne facilite la production de la déclaration annuelle et permet de détecter rapidement les dérives.

Sources :

Légifrance – Décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire

Légifrance – Article 6 du Décret du 24 novembre 2014 relatif aux audits énergétiques

Ministère de la Transition Écologique / DHUP – Plateforme OPERAT et documentation technique

ADEME – Aides et dispositifs de financement pour la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires

ADEME / Cerema – Éco Énergie Tertiaire – ressources pédagogiques et guides techniques

Rencontrez un expert et assistez à une démo

Prendre RDV avec un expert