
La loi APER encadre désormais de façon plus précise la solarisation des parkings et l’intégration d’énergies renouvelables sur certains bâtiments tertiaires. Entre ombrières photovoltaïques, végétalisation, seuils de surface, échéances et dérogations, les acteurs publics comme privés doivent clarifier leur niveau de conformité et leur plan d’action.
La loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, dite loi APER, ne se limite pas à une logique de principe. Pour de nombreux acteurs du tertiaire, elle crée des obligations concrètes sur les parkings extérieurs, les toitures et, plus largement, la valorisation du foncier en faveur des EnR. Depuis la loi (n° 2025-1129) de simplification de l’urbanisme et du logement publiée le 26 novembre 2025, le cadre a encore été précisé pour les parkings.
A travers cet article, vous distinguerez ce qui relève des parkings extérieurs, ce qui concerne les bâtiments tertiaires, et ce qu’il faut faire en pratique pour sécuriser sa conformité sans lancer un projet mal dimensionné.
Ce qu’il faut retenir sur la loi APER :
La loi APER impose des obligations concrètes sur les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² et sur certains bâtiments tertiaires de plus de 500 m².
Depuis la loi du 26 novembre 2025, les parkings peuvent combiner ombrières photovoltaïques et végétalisation, avec un minimum photovoltaïque de 35 % de la moitié de surface à ombrager.
Les principales échéances parking sont le 1er juillet 2026 et le 1er juillet 2028, selon la superficie et le mode de gestion.
Des dérogations existent, mais elles doivent être documentées ; des sanctions annuelles peuvent s’appliquer jusqu’à la mise en conformité.
Le vrai enjeu est patrimonial : articuler la loi APER avec le Décret Tertiaire, la stratégie d’investissement et le pilotage énergétique.
Ce que change la loi APER pour les parkings extérieurs
Le bloc le plus opérationnel pour beaucoup d’acteurs tertiaires concerne les parcs de stationnement extérieurs. En version consolidée, l’article 40 de la loi APER vise les parcs de plus de 1 500 m², existants au 1er juillet 2023 ou dont la demande d’autorisation d’urbanisme a été déposée à compter de la promulgation de la loi. Ils doivent être équipés, sur au moins la moitié de leur superficie, d’ombrières intégrant un procédé de production d’énergies renouvelables.
La loi du 26 novembre 2025 a permis d’apporter une précision importante. En effet, l’obligation peut désormais être considérée comme satisfaite par des procédés mixtes. Autrement dit, il est possible de combiner une part d’ombrières photovoltaïques et une part de dispositifs végétalisés, à condition que l’ensemble assure l’ombrage d’au moins 50 % de la surface du parking. Et, dans ce schéma mixte, la part d’ombrières doit couvrir au moins 35 % de cette moitié de surface.

Prenons un exemple concret :
Pour un parking de 10 000 m², il faut ombrager 5 000 m². Sur cette surface à ombrager, au moins 1 750 m² doivent être couverts par des ombrières photovoltaïques. Le solde peut être assuré par des dispositifs végétalisés concourant à l’ombrage.
À retenir :
- La loi APER ne fait pas disparaître l’obligation de solarisation des parkings,
- Depuis le 28 novembre 2025, des solutions mixtes sont officiellement admises,
- Le minimum photovoltaïque reste réel : 35 % de la moitié de surface à ombrager.
Loi APER : Quelles échéances pour les ombrières photovoltaïques sur parking ?
Pour les parcs non gérés en concession ou délégation de service public, l’obligation s’applique au 1er juillet 2026 pour les parkings de 10 000 m² et plus, puis au 1er juillet 2028 pour ceux de plus de 1 500 m² et de moins de 10 000 m².
Pour les parcs gérés en concession ou en délégation, l’entrée en vigueur dépend de la conclusion ou du renouvellement du contrat. Si celui-ci intervient avant le 1er juillet 2026, la conformité est attendue à cette date ; s’il intervient après, l’échéance bascule au 1er juillet 2028.
Le texte prévoit aussi des délais supplémentaires dans certains cas, notamment lorsque le propriétaire justifie d’un contrat d’engagement avec acompte et d’un bon de commande dans les délais prévus par la loi. C’est un point à vérifier finement au cas par cas dans la stratégie projet.
Dérogations et sanctions liées à la loi APER : ce que vous devez documenter
La loi prévoit plusieurs cas d’exonération ou d’adaptation, mais ils ne se présument pas. Le propriétaire ou le gestionnaire doit être en mesure de démontrer que les critères sont remplis. Sont notamment visées des contraintes techniques, de sécurité, architecturales, patrimoniales ou environnementales, ainsi que certains cas de transformation ou suppression du parc. Un parking déjà ombragé par des arbres sur au moins la moitié de sa superficie peut également relever d’un cas prévu par le texte.
Sur le plan économique, une exonération peut être invoquée lorsque l’installation des ombrières photovoltaïques ne peut pas être réalisée dans des conditions économiquement acceptables.
Le décret du 13 novembre 2024 et l’arrêté du 4 décembre 2024 précisent la manière d’apprécier ce critère. En pratique, ils prévoient un calcul reposant sur un rapport entre, d’une part, le coût total de l’installation et, d’autre part, la valeur du parc de stationnement concerné.
Ce rapport est considéré comme économiquement non acceptable lorsqu’il dépasse 15 % pour certains parcs à construire et 10 % pour certains parcs existants concernés par la conclusion ou le renouvellement d’un contrat ou d’un bail. L’exonération économique n’est donc pas automatique : elle doit être justifiée et documentée par le gestionnaire ou le propriétaire.
En cas de non-conformité, la sanction peut aller jusqu’à 20 000 € par an pour un parc de moins de 10 000 m² et jusqu’à 40 000 € par an pour un parc d’au moins 10 000 m², jusqu’à mise en conformité.
La checklist pour passer à l’action :
- Vérifier si le parc dépasse 1 500 m²,
- Qualifier le statut : parc existant, projet neuf, concession, DSP, AOT,
- Calculer la surface assujettie selon les règles réglementaires,
- Arbitrer entre ombrières 100 % PV, procédé mixte, ou dispositif équivalent autorisé,
- Documenter les contraintes techniques, patrimoniales ou économiques,
- Sécuriser le calendrier par rapport aux échéances de 2026 ou 2028.
La loi APER s’applique aussi à certains bâtiments tertiaires
Au-delà des parkings, la loi APER a renforcé les obligations prévues à l’article L. 171-4 du Code de la construction et de l’habitation. Sont concernés les bâtiments de plus de 500m² d’emprise au sol, et à usage commercial, industriel, artisanal, administratif, de bureaux, d’entrepôt, ainsi que certains hôpitaux, équipements sportifs, bâtiments scolaires et parkings couverts accessibles au public.
Pour les bâtiments neufs, les extensions et rénovations lourdes sont également visées au-delà de ce seuil. L’obligation consiste à intégrer soit un procédé de production d’énergies renouvelables, soit un système de végétalisation, soit un dispositif équivalent aboutissant au même résultat. La part minimale de toiture concernée monte progressivement : 30 %, puis 40 % à compter du 1er juillet 2026, puis 50 % à compter du 1er juillet 2027.
Pour les bâtiments existants, l’échéance est fixée au 1er janvier 2028. La part de toiture concernée n’est pour l’instant pas encore défini. Elle le sera dans un futur décret.
Entre loi APER et Décret Tertiaire : quelle articulation ?
La loi APER et le Décret Tertiaire poursuivent des logiques différentes mais complémentaires. Le Décret Tertiaire vise des objectifs de réduction des consommations d’énergie dans le temps ; la loi APER agit davantage sur la production d’EnR, l’ombre, la toiture et la valorisation du foncier. En pratique, les deux se croisent dans une même stratégie patrimoniale : sobriété, pilotage, travaux, autoconsommation, photovoltaïque, confort d’été et trajectoire budgétaire.
Pour un acteur public ou privé, la bonne approche n’est donc pas de traiter la loi APER comme un simple sujet “travaux parking”. Il faut la raccorder à une lecture globale du patrimoine : surfaces, usages, contraintes, raccordement, consommation, valorisation énergétique et priorisation des investissements. C’est aussi ce qui permet d’éviter des projets surdimensionnés ou juridiquement fragiles.
Transformez l’obligation réglementaire en opportunité !
La difficulté n’est pas seulement de connaître le texte. Elle est de traduire la loi APER en plan d’action opérationnel. Concrètement, il faut d’abord positionner chaque site vis-à-vis des obligations, en définissant le type de parking, la surface assujettie, l’échéance, le régime d’exonération possible et l’articulation avec les autres obligations réglementaires. Ensuite, il faut comparer plusieurs scénarios de mise en conformité : ombrières photovoltaïques, procédés mixtes, végétalisation, toiture solaire, ou combinaison avec d’autres actions énergétiques.
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Foire aux questions – Loi APER
Non. Pour les parkings extérieurs, le cadre consolidé vise d’abord les parcs de plus de 1 500 m² relevant de l’article 40 de la loi APER. Le texte prévoit aussi des cas spécifiques selon la nature du parc et d’autres articles du Code de l’urbanisme.
Oui. Depuis la loi du 26 novembre 2025, un procédé mixte est admis, à condition que l’ombrage total atteigne 50 % du parking et que les ombrières photovoltaïques couvrent au moins 35 % de cette moitié de surface.
Pour les parcs non concédés : 1er juillet 2026 à partir de 10 000 m², puis 1er juillet 2028 entre 1 500 et 10 000 m². Des règles spécifiques s’appliquent aux concessions et DSP.
Sont notamment concernés certains bâtiments commerciaux, industriels, artisanaux, administratifs, bureaux, entrepôts, hôpitaux, équipements sportifs, bâtiments scolaires et parkings couverts accessibles au public, de plus de 500 m² d’emprise au sol.
Le propriétaire du parc peut se voir appliquer une sanction annuelle jusqu’à mise en conformité, plafonnée à 20 000 € ou 40 000 € selon la superficie du parking.
Non. Les deux dispositifs sont complémentaires :
- La loi APER porte notamment sur les EnR et l’aménagement,
- Le Décret Tertiaire porte sur la réduction des consommations énergétiques.
Sources :
Légifrance – Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables – 10 mars 2023
Légifrance – Article 40 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023, version en vigueur depuis le 28 novembre 2025
Légifrance – Loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification de l’urbanisme et du logement – 26 novembre 2025
Légifrance – Article 8 de la loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 – 26 novembre 2025
Légifrance – Article L. 171-4 du Code de la construction et de l’habitation
Légifrance – Arrêté du 19 décembre 2023 portant application de l’article L. 171-4 du CCH – 19 décembre 2023
Légifrance – Décret n° 2024-1023 du 13 novembre 2024 portant application de l’article 40 de la loi APER – 13 novembre 2024
Légifrance – Arrêté du 4 décembre 2024 pris pour l’application du décret n° 2024-1023 – 4 décembre 2024
Légifrance – Article L. 111-19-1 du Code de l’urbanisme
Légifrance – Disposition relative au plan de valorisation du foncier des entreprises publiques et sociétés de plus de 250 salariés – 10 mars 2023




























