Objectif en valeur absolue ou relative : comment choisir la méthode la plus avantageuse pour votre mise en conformité au Décret Tertiaire

Entre la performance énergétique de vos bâtiments tertiaires, la conformité au Décret Tertiaire et la réduction de vos consommations d’énergie finale, votre organisation doit piloter sa stratégie énergétique avec méthode. Une question centrale est pourtant souvent sous-estimée : dois-je viser l’objectif en valeur relative ou en valeur absolue ? La réponse à cette question peut faire varier du simple au quadruple le montant des investissements à engager. Découvrons ensemble comment fonctionnent les deux méthodes, quels critères orientent le choix, et comment Lowit vous aide à identifier automatiquement l’option la plus favorable pour chaque bâtiment de votre parc.
Ce qu’il faut retenir sur l’objectif en valeur absolue ou relative :
Le Décret Tertiaire offre deux voies de conformité : l’objectif relatif (Crelat, −40 % vs année de référence) et l’objectif absolu (Cabs, seuil kWh/m²/an fixé par arrêté).
OPERAT calcule les deux résultats : l’assujetti est conforme dès lors qu’il atteint l’un ou l’autre.
Pour les bâtiments énergivores avec des travaux déjà réalisés, la méthode relative est souvent plus avantageuse ; pour les bâtiments neufs ou déjà performants, la méthode absolue l’emporte.
Depuis l’arrêté Valeurs Absolues VI (septembre 2025), 100 % des secteurs disposent de leurs seuils 2030.
Le choix de la méthode est structurant car il n’est modifiable qu’une fois par décennie.
Lowit calcule automatiquement l’option la plus avantageuse pour votre patrimoine.
Objectif en valeur absolue ou relative : de quoi parle-t-on ?
Le Décret Tertiaire (décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019, issu de la loi ÉLAN) impose aux propriétaires et exploitants de surfaces tertiaires supérieures ou égales à 1 000 m² de réduire progressivement leurs consommations d’énergie finale :
- − 40 % d’ici 2030
- − 50 % d’ici 2040
- − 60 % d’ici 2050
Pour mesurer l’atteinte de ces cibles, la réglementation propose deux méthodes coexistantes et complémentaires.
La méthode en valeur relative (Crelat)
La méthode en valeur relative consiste à comparer la consommation annuelle actuelle à celle d’une année de référence librement choisie entre 2010 et 2022, à condition qu’elle corresponde à une exploitation normale du bâtiment. Les objectifs de réduction s’appliquent en pourcentage par rapport à cette base de départ.
Une année ancienne et énergivore valorise donc les efforts déjà réalisés et réduit les investissements futurs. Chez Lowit, nos experts ont pu documenter des cas où l’optimisation de l’année de référence a permis de diviser par 4,5 le montant des travaux nécessaires (de 27 M€ à 6 M€ pour une commune des Hauts-de-France gérant une centaine de bâtiments assujettis).
Voici un exemple concret :
Un bâtiment administratif qui consommait 300 kWh/m²/an en 2012 doit atteindre 180 kWh/m²/an en 2030 (soit −40 %). Si des travaux ont déjà réduit la consommation à 250 kWh/m²/an, l’effort résiduel n’est plus que de 70 kWh/m²/an.
La méthode en valeur absolue (Cabs)
La méthode en valeur absolue fixe un seuil maximum de consommation exprimé en kWh/m²/an, défini par arrêté ministériel selon la catégorie d’activité du bâtiment, sa zone climatique et son altitude. L’assujetti est conforme dès lors que sa consommation annuelle reste en deçà de ce seuil, indépendamment de toute comparaison historique.
Depuis la publication de l’arrêté Valeurs Absolues VI le 6 septembre 2025, 100 % des secteurs tertiaires disposent de leurs valeurs cibles pour 2030. Les commerces (14 sous-catégories), les cinémas, les services funéraires, les banques, ainsi que les bâtiments des départements et régions d’outre-mer (DROM) sont désormais couverts. L’arrêté introduit également la sous-catégorie « Administration et Bureaux » et actualise les coefficients de modulation climatique.
Focus sur les arrêtés Valeurs Absolues :
Des arrêtés intitulés “Valeurs Absolues” sont régulièrement publiés au Journal Officiel, afin d’apporter des précisions ou des modifications au Décret Tertiaire.
Le dernier en date, l’arrêté Valeurs Absolues VI, vient clarifier les objectifs pour 2030. Entré en vigueur le 7 septembre 2025, il compile tous les arrêtés Valeurs Absolues déjà existants. Il apporte également les évolutions suivantes :
- Les valeurs absolues sont disponibles pour les catégories « Commerces », « Cinémas », « Services funéraires » et « Banques »,
- Les valeurs sont publiées pour l’ensemble des catégories dans les départements d’Outre-mer,
- La création de la sous-catégorie “Administration et Bureaux” dans l’ensemble des catégories,
- L’actualisation des coefficients de modulation climatique.





Vous souhaitez approfondir le sujet ? Nos experts sont là pour répondre à vos questions !
À retenir :
OPERAT calcule automatiquement les résultats selon les deux méthodes. L’assujetti est considéré conforme s’il atteint au moins l’une des deux cibles.
Il n’est pas nécessaire de « choisir définitivement » une méthode. Les deux s’appliquent simultanément. En revanche, les données et la stratégie d’action peuvent varier selon celle que l’on cherche prioritairement à atteindre.
La méthode n’est modifiable qu’une fois par décennie ; la décision est donc structurante.
Comment choisir entre objectif en valeur absolue ou relative ?
Les deux méthodes ne s’opposent pas mais s’évaluent plutôt en parallèle. L’enjeu est de savoir laquelle offre le chemin de conformité le moins coûteux et le plus réaliste pour chaque bâtiment de votre patrimoine. Analysons ensemble les principaux critères d’arbitrage :
Le profil énergétique actuel du bâtiment
L’objectif en valeur relative est généralement plus favorable aux bâtiments énergivores présentant de forts gisements d’économies (systèmes CVC vétustes, isolation insuffisante, éclairage non piloté). Plus la consommation historique est élevée, plus la marge de manœuvre est grande pour atteindre les −40 %.
L’objectif en valeur absolue avantage les bâtiments déjà performants (label BBC, rénovation récente, GTB déployée), dont la consommation actuelle est proche ou inférieure au seuil réglementaire. Dans ce cas, il peut suffire de maintenir le niveau atteint, sans engager de travaux supplémentaires majeurs.
Les travaux déjà réalisés
Si votre organisation a investi dans la rénovation énergétique entre 2010 et aujourd’hui, choisir une année de référence antérieure aux travaux permet de valoriser ces efforts dans le calcul Crelat. Cet avantage est inexistant dans la méthode absolue, qui ne tient pas compte de l’historique.
À l’inverse, si aucune action significative n’a été entreprise depuis 2010 et que les consommations actuelles sont déjà conformes au seuil Cabs, la méthode absolue s’impose comme la voie naturelle.
La disponibilité des données historiques
La méthode en valeur relative exige de disposer de données de consommation fiables pour l’année de référence (factures, relevés compteurs, données des gestionnaires de réseau de distribution). Si les archives antérieures à 2017–2018 sont absentes ou difficiles à reconstituer, la base de calcul Crelat sera difficile à établir.
Dans ce cas, la méthode en valeur absolue peut s’avérer plus sécurisante, car elle ne repose pas sur un historique de consommations, mais compare la situation actuelle à un seuil normatif fixé par arrêté.
Le type d’activité et la zone climatique
Les seuils Cabs varient sensiblement selon le secteur d’activité et la localisation géographique. Un bureau tertiaire en zone climatique H1 (Nord de la France) ne dispose pas du même seuil qu’un centre commercial en zone H3 (Méditerranée). Avant de conclure qu’une méthode est plus favorable, il est indispensable d’identifier le seuil absolu applicable à chaque bâtiment selon son code activité OPERAT.
Comment se calcule l’objectif en valeur absolue ou relative pour chaque décennie ?
Le Décret Tertiaire fixe une trajectoire sur trois décennies : −40 % en 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050. Chaque palier s’apprécie par rapport à la même base de départ. Ce n’est pas une réduction cumulative de 10 % par décennie, mais bien un effort mesuré depuis l’année de référence à chaque échéance.
En valeur relative (Crelat), le calcul est direct : multiplier la consommation de référence par le taux cible. Un bâtiment à 300 kWh/m²/an en année de référence doit atteindre 150 kWh/m²/an en 2040 (300 × 0,50). La consommation est ensuite corrigée automatiquement par OPERAT selon les degrés jours (DJU) de la zone géographique, pour neutraliser les variations climatiques annuelles.
En valeur absolue (Cabs), aucun historique n’est nécessaire : le bâtiment doit simplement rester sous le seuil fixé par arrêté pour son code d’activité, sa zone climatique (H1, H2, H3) et son altitude. Ce seuil est directement consultable sur OPERAT. À noter : les valeurs cibles pour 2040 et 2050 feront l’objet d’arrêtés ultérieurs. Seuls les seuils 2030 sont aujourd’hui finalisés pour l’ensemble des secteurs (arrêté Valeurs Absolues VI, septembre 2025).
Objectif en valeur absolue ou relative : l’exemple concret d’un patrimoine de collectivité avec travaux anciens
Une commune des Hauts-de-France disposant d’une centaine de bâtiments assujettis a sollicité Lowit pour optimiser son approche. L’analyse a consisté à récupérer les factures historiques disponibles et à identifier les années de référence les plus avantageuses bâtiment par bâtiment.
- Pour plus de 50 % des bâtiments, les meilleures années de référence se situaient entre 2011 et 2013.
- La réduction déjà constatée entre la consommation de référence ainsi optimisée et la consommation relevée fin 2021 atteignait 28 %.
- L’effort résiduel pour atteindre le palier 2030 était ramené à 12 % supplémentaires, contre 40 % si la collectivité était partie de sa consommation actuelle.
- Le montant des travaux à engager est passé de 27 millions d’euros (sans historique) à 6 millions d’euros (avec optimisation de l’année de référence), soit une division par 4,5.
Dans ce cas précis, le choix de l’objectif en valeur relative s’imposait clairement. Mais pour certains bâtiments du même parc (notamment les plus récents ou rénovés), l’atteinte de l’objectif en valeur absolue s’est révélée plus accessible. Le bon choix dépend toujours du profil individuel de chaque bâtiment.
À retenir :
Il n’existe pas de méthode universellement meilleure. La décision doit être prise bâtiment par bâtiment, en croisant profil énergétique, historique de travaux et disponibilité des données.
Sur un parc de plusieurs dizaines d’actifs, l’analyse manuelle est fastidieuse. Un outil de pilotage patrimonial capable de simuler automatiquement les deux trajectoires est indispensable.
Objectif en valeur absolue ou relative : les échéances à intégrer dans votre stratégie de choix
Le choix de la méthode s’inscrit dans un calendrier réglementaire précis :
- 1er juillet 2026 : attestation Éco Énergie Tertiaire générée exclusivement via OPERAT et affichage obligatoire dans les bâtiments.
- 30 septembre 2026 : déclaration OPERAT obligatoire des consommations 2025 et des indicateurs d’intensité d’usage.
- 30 septembre 2027 : date limite pour déclarer l’année de référence si elle n’est pas encore enregistrée sur OPERAT (à défaut, c’est la première année complète enregistrée sur la plateforme qui sera retenue).
Anticiper dès maintenant l’arbitrage entre Crelat et Cabs permet d‘aborder sereinement ces échéances et d’enclencher un plan d’action priorisé (audit énergétique tertiaire, travaux d’isolation thermique ou de déploiement d’une GTB…).
Objectif en valeur absolue ou relative : les sanctions et les contrôles que vous risquez en cas de non-mise en conformité
Le non-respect des obligations du Décret Tertiaire expose les assujettis à un mécanisme de sanctions progressif :
- Mise en demeure officielle par le préfet.
- Publication nominative (« Name & Shame ») : le nom de l’entité non conforme est rendu public.
- Amendes jusqu’à 1 500 € par bâtiment pour les personnes physiques et jusqu’à 7 500 € par bâtiment pour les personnes morales.
Si les premières campagnes déclaratives ont bénéficié d’une certaine tolérance administrative, le dispositif entre désormais dans sa phase de contrôle active. Ne pas définir sa méthode et structurer son plan d’action aujourd’hui entraîne le risque d’accumuler un retard difficile à rattraper à l’approche de 2030.
Objectif en valeur absolue ou relative : comment Lowit vous aide à choisir automatiquement la méthode la plus avantageuse
Lowit automatise l’analyse bâtiment par bâtiment pour savoir quelle méthode (Crelat ou Cabs) est la plus favorable, puis recoupe les résultats avec les données historiques disponibles et les plans de travaux envisagés.
Nous avons déjà réalisé plus de 13 000 déclarations OPERAT pour le compte de 19 000 bâtiments appartenant à des collectivités, des syndicats d’énergie, des bailleurs publics et des opérateurs privés.
Notre solution vous permet notamment de :
- Simuler automatiquement les deux trajectoires (Crelat et Cabs) et identifier l’option la plus favorable pour chaque adresse.
- Centraliser et fiabiliser les données de consommation à l’échelle de votre parc, y compris la récupération des factures historiques.
- Optimiser l’année de référence en croisant disponibilité des données, travaux réalisés et potentiel de réduction.
- Réaliser vos déclarations OPERAT avec mandat ou en co-pilotage, et générer l’attestation Éco Énergie Tertiaire.
- Construire un plan d’action priorisé et chiffré, avec scénarios de travaux et leviers de financement identifiés (CEE, aides ADEME).
Vous souhaitez être accompagné dans le choix de votre objectif ? Prenez rendez-vous avec un expert Lowit pour structurer dès maintenant votre stratégie de conformité jusqu’en 2030.
Foire aux questions – Objectif en valeur absolue ou relative
Oui. Le Décret Tertiaire prévoit explicitement que la conformité est acquise dès lors que l’une des deux méthodes est satisfaite. Un bâtiment dont la consommation est inférieure au seuil Cabs fixé par arrêté est considéré conforme, même si la réduction par rapport à l’année de référence n’atteint pas −40 %.
Non. La méthode de conformité retenue n’est modifiable qu’une fois par décennie. C’est pourquoi la décision doit être prise en connaissance de cause, en analysant les deux trajectoires sur l’ensemble du parc, avant de définir un plan d’action.
Les seuils Cabs sont fixés par arrêté ministériel (arrêté du 10 avril 2020 et ses mises à jour successives, dont l’arrêté Valeurs Absolues VI de septembre 2025). Ils varient selon le code d’activité OPERAT du bâtiment, la zone climatique et l’altitude. Depuis septembre 2025, l’ensemble des secteurs tertiaires dispose de ses valeurs cibles pour 2030.
Pas systématiquement. Un bâtiment neuf bénéficie d’une performance technique élevée, mais si son code d’activité est associé à un seuil Cabs très restrictif (par exemple, certains établissements de santé ou commerces alimentaires à forte intensité d’usage), la méthode relative peut dans certains cas s’avérer plus accessible. Une simulation comparative est indispensable.
La correction climatique via les degrés jours (DJ) s’applique principalement à la méthode relative, pour neutraliser les effets des variations météorologiques annuelles dans le calcul Crelat. Pour la méthode absolue, les seuils sont déjà différenciés selon la zone climatique et l’altitude du bâtiment, intégrant ainsi indirectement les conditions locales.
L’analyse manuelle est rapidement chronophage sur un grand parc. Des outils de pilotage patrimonial comme Lowit permettent de simuler automatiquement les deux trajectoires bâtiment par bâtiment, d’identifier l’option la plus favorable et de prioriser les actions à mener en fonction du coût de mise en conformité estimé.
Sources :
ADEME / Plateforme OPERAT — Observatoire de la Performance Énergétique, de la Rénovation et des Actions du Tertiaire
ADEME — FAQ de la plateforme OPERAT
- Objectif en valeur absolue ou relative : comment choisir la méthode la plus avantageuse pour votre mise en conformité au Décret Tertiaire
- Bâtiment tertiaire : définition, exemples concrets et obligations énergétiques
- Guide Décret Tertiaire : anticipez dès maintenant votre déclaration OPERAT de septembre




