CEE et Décret Tertiaire : comment financer vos actions prioritaires pour atteindre les objectifs ?

Vous êtes assujetti au Décret Tertiaire et la date butoir de 2030 se rapproche. Vos déclarations OPERAT progressent, mais le passage à l’acte (travaux d’isolation, remplacement CVC, déploiement d’une GTB) bute sur la question du financement. Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) peuvent couvrir une part significative de ces investissements, à condition de savoir quelles actions sont éligibles. Découvrons ensemble comment articuler CEE et Décret Tertiaire pour financer les actions prioritaires de votre trajectoire de rénovation énergétique.
Ce qu’il faut retenir sur l’articulation CEE et Décret Tertiaire :
Le Décret Tertiaire impose –40 % de consommation d’énergie finale d’ici 2030 sur tout bâtiment tertiaire de plus de 1 000 m², avec déclaration annuelle sur OPERAT.
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), entrés dans leur 6ᵉ période en janvier 2026, constituent le principal levier de financement des travaux tertiaires : isolation (fiches BAT-EN), GTB (BAT-TH-116), CVC, ventilation.
La conjonction des deux dispositifs n’est pas automatique. Elle exige un audit énergétique préalable, une hiérarchisation des actions et un dossier CEE monté avant le démarrage des travaux.
La fiche BAT-TH-116 (GTB) est particulièrement stratégique. Elle répond simultanément au Décret Tertiaire et au Décret BACS (obligation GTB classe B ; échéance au 1er janvier 2025 pour les > 290 kW et au 1er janvier 2030 pour le seuil 70-290 kW).
Un logiciel de pilotage comme Lowit permet de documenter la trajectoire OPERAT, de préparer les justificatifs CEE et de suivre l’impact réel des actions dans la durée.
CEE et Décret Tertiaire : deux dispositifs distincts, un objectif commun
Le Décret Tertiaire (décret n° 2019-771) impose de réduire la consommation d’énergie finale de tout bâtiment tertiaire, avec une SDP de plus de 1 000 m², de –40 % en 2030, –50 % en 2040 et –60 % en 2050. Chaque assujetti déclare ses données annuellement sur la plateforme OPERAT, gérée par l’ADEME. Deux méthodes de conformité coexistent : la méthode en valeur relative (réduction par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2022) et la méthode en valeur absolue (atteinte d’un seuil en kWh/m²/an défini par l’arrêté du 14 mars 2024, selon l’activité et la zone climatique).
Les Certificats d’Économies d’Énergie, de leur côté, sont un dispositif distinct. Ils obligent les fournisseurs d’énergie à financer des travaux d’efficacité énergétique réalisés par des tiers (entreprises, collectivités, gestionnaires de patrimoine). En contrepartie, ces fournisseurs obtiennent des certificats, mesurés en kilowattheures cumulés actualisés (kWh cumac). C’est un mécanisme de financement sur le principe « pollueur-payeur » avec des quotas à remplir chaque année.
Ces deux dispositifs ne se confondent pas, mais leurs périmètres d’action se recoupent largement. Isoler une toiture, remplacer une chaudière, installer une GTB ou optimiser la ventilation contribue à la fois à la trajectoire du Décret Tertiaire et à la génération de kWh cumac éligibles aux CEE.
CEE et Décret Tertiaire : la 6ᵉ période CEE, un levier renforcé jusqu’en 2030
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le dispositif CEE est entré dans sa sixième période réglementaire (P6), cadrée par le décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025. L’obligation annuelle nationale passe à 1 050 TWhc, soit une hausse d’environ 35 % par rapport à la période précédente. Cette montée en puissance accroît mécaniquement le volume de financements disponibles et donc les primes accessibles pour les travaux tertiaires.
La P6 oriente prioritairement les financements vers les solutions à fort impact carbone et énergétique : équipements CVC performants, pompes à chaleur, GTB, isolation de l’enveloppe. Plusieurs fiches d’opérations standardisées couvrent précisément les leviers d’action du Décret Tertiaire.
À retenir — Les grandes familles de fiches CEE tertiaire
- BAT-EN : enveloppe du bâtiment (isolation des murs, toitures, planchers, menuiseries).
- BAT-TH : systèmes thermiques (GTB (BAT-TH-116), pompes à chaleur, ventilation double flux, groupe froid).
- BAT-SE : services (équilibrage hydraulique des réseaux de chauffage).
Chaque fiche définit les conditions d’éligibilité, les performances minimales à atteindre et la formule de calcul des kWh cumac attribués.
CEE et Décret Tertiaire : quelle fiche CEE pour quelle action prioritaire ?
Isolation de l’enveloppe (fiches BAT-EN)
L’isolation est souvent le gisement le plus massif sur les bâtiments construits avant les années 2000. Les fiches BAT-EN couvrent la toiture, les murs par l’extérieur ou l’intérieur, les planchers bas et les menuiseries. Le volume de CEE généré dépend de la surface isolée, de la résistance thermique atteinte et de la zone climatique. Pour un patrimoine de collectivité ou un immeuble de bureaux énergivore, ces opérations peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de prime.
GTB et pilotage des consommations (fiche BAT-TH-116)
La GTB est sans doute l’opération la plus stratégique de la P6 pour les gestionnaires tertiaires. La fiche BAT-TH-116 finance l’installation ou la rénovation d’un système de gestion technique du bâtiment assurant une régulation de classe B ou A (norme NF EN ISO 52120-1) pour le chauffage, le refroidissement et la ventilation. Le calcul de la prime repose sur un coefficient de zone climatique, un facteur d’activité et la surface pilotée.
Le double avantage est que la GTB répond simultanément au Décret Tertiaire (pilotage fin des consommations, traçabilité pour OPERAT) et au Décret BACS (obligation d’installation d’une GTB de classe B, avec une échéance au 1er janvier 2025 pour les installations > 290 kW et au 1er janvier 2030 pour le seuil 70-290 kW, reporté par le décret du 26 décembre 2025.
Remplacement des équipements CVC
Le remplacement de chaudières fioul ou gaz par des pompes à chaleur ou le raccordement à un réseau de chaleur performant bénéficie d’une bonification « Coup de pouce » en P6, qui peut multiplier par trois à cinq la prime de base. Ces opérations combinent réduction des consommations déclarées sur OPERAT et génération significative de kWh cumac.
Vers un bouquet de travaux CEE tertiaire
La Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC) a confirmé en décembre 2025 qu’une fiche « Rénovation Globale de bâtiment tertiaire » est en cours de concertation. Elle visera à bonifier les primes lorsque plusieurs travaux sont menés conjointement sur un même bâtiment, ce qui encourage précisément la logique de plan pluriannuel d’action que le Décret Tertiaire appelle de ses vœux.
CEE et Décret Tertiaire : la méthode consiste à articuler audit, plan d’action et dossier CEE
L’erreur la plus fréquente consiste à engager des travaux sans avoir monté le dossier CEE en amont. Or, le dossier doit être constitué avant le démarrage des travaux, sous peine de perdre toute éligibilité.
La séquence opérationnelle recommandée est la suivante :
- Audit énergétique : cartographier les consommations par poste, identifier les gisements, hiérarchiser les actions selon le TRI et l’impact sur la trajectoire OPERAT.
- Sélection des fiches CEE éligibles : croiser les actions identifiées avec les opérations standardisées et estimer les volumes de kWh cumac mobilisables.
- Constitution du dossier CEE : choisir un délégataire ou un mandataire, signer le partenariat avant tout début de chantier. consulter les entreprises pour fiabiliser le prix et la faisabilité avant de constituer le dossier.
- Réalisation des travaux par un professionnel qualifié (RGE selon les fiches concernées).
- Suivi des économies réelles : documenter les gains dans OPERAT et consolider la preuve de trajectoire.
À retenir :
Les CEE ne couvrent pas 100 % du coût des travaux. Selon la fiche, la localisation et le prix de marché du kWh cumac, la prime vient en déduction partielle à significative de l’investissement. Dans certains cas, notamment de GTB sur de grandes surfaces, la part financée peut être substantielle.
CEE et Décret Tertiaire : ce que change un logiciel de pilotage dans cette équation
L’articulation CEE et Décret Tertiaire génère une masse documentaire et des exigences de traçabilité que les outils bureautiques classiques peinent à absorber : déclarations OPERAT annuelles, ajustements climatiques (DJU), modulations d’activité, justificatifs de travaux, suivi post-opération…
Un logiciel comme Lowit centralise ces données, automatise la collecte des consommations, génère les données nécessaires aux déclarations OPERAT et fournit une vision continue de l’écart entre la trajectoire théorique et la performance réelle. Pour les patrimoines multi-sites, cette vue consolidée est indispensable pour arbitrer les actions prioritaires et démontrer la trajectoire aux parties prenantes.
La 6ᵉ période CEE (2026-2030) et la trajectoire du Décret Tertiaire vers 2030 coïncident exactement. C’est une fenêtre de financement à ne pas rater : les travaux engagés dès maintenant génèrent à la fois des primes CEE et des gains durables sur OPERAT. Mais cette double opportunité exige un audit structuré, un dossier CEE monté avant travaux et des outils de suivi fiables.
Vous souhaitez identifier vos actions prioritaires finançables par les CEE et construire votre trajectoire Décret Tertiaire ? Prenez rendez-vous avec un expert Lowit pour piloter efficacement votre trajectoire de rénovation énergétique !
Foire aux questions – CEE et Décret Tertiaire
Oui. Le Décret Tertiaire est une obligation de résultat (réduction des consommations déclarées sur OPERAT). Les CEE sont un dispositif de financement volontaire. Ils ne vous imposent rien, mais permettent de financer une partie des travaux qui contribuent à votre trajectoire. Les deux peuvent se combiner sur les mêmes opérations.
En P6 (2026-2030), les opérations à fort rendement sont : l’installation ou rénovation d’une GTB (fiche BAT-TH-116), le remplacement de chaudières fioul/gaz par des solutions décarbonées (avec bonification Coup de pouce) et la mise en place de ventilation double flux.
Oui, à condition que chaque opération respecte les critères d’éligibilité propres à sa fiche. La P6 encourage précisément cette logique de bouquet de travaux, avec une fiche « Rénovation Globale de bâtiment tertiaire » en cours de finalisation par la DGEC, qui prévoit une bonification supplémentaire.
Avant le démarrage des travaux, c’est une condition impérative. Le dossier doit être signé avec le délégataire ou mandataire CEE avant toute intervention sur site. Des travaux déjà réalisés ne peuvent pas faire l’objet d’une demande de CEE a posteriori.
Oui sur les deux points. La fiche BAT-TH-116 permet de valoriser en CEE l’installation d’une GTB de classe B ou A. Par ailleurs, le Décret BACS (n° 2020-887) rend obligatoire l’installation d’une GTB de classe B minimum : échéance au 1er janvier 2025 pour les > 290 kW et au 1er janvier 2030 pour le seuil 70-290 kW. C’est donc une double obligation qui peut être financée par les CEE.
Les CEE financent les travaux et OPERAT mesure leur impact. Les économies réelles réalisées après travaux s’intègrent dans la trajectoire déclarée chaque année avant le 30 septembre. Un outil de suivi des consommations permet de documenter ces gains et de les corréler aux actions engagées.
Sources :
Ministère de la Transition écologique / Légifrance — Décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire (Décret Tertiaire)
Ministère de la Transition écologique / Légifrance — Arrêté du 14 mars 2024 relatif aux objectifs de réduction de la consommation d’énergie finale des bâtiments à usage tertiaire (valeurs absolues)
Journal Officiel / Légifrance — Décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 relatif à la sixième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie
Ministère de la Transition écologique / Légifrance — Décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020 relatif au système d’automatisation et de contrôle des bâtiments non résidentiels (Décret BACS)




